Droits & contrats

Photos d'enfants sur les réseaux sociaux : ce que dit la loi de 2024 et ce que conseille la CNIL

Droits & contrats · Publié le 2026-10-27

Photographie ancienne en noir et blanc d'un jeune enfant jouant dans l'herbe derrière une maison
Enfant jouant derrière une maison à Riverbend, Alma (Québec). Fonds de la Société d'histoire du Lac-Saint-Jean, domaine public, Wikimedia Commons.

Les enfants sont partout sur les photos de famille : enfants d'honneur au mariage, premiers pas, rentrée des classes, vacances. Les publier sur un réseau social est devenu un geste banal. La loi du 19 février 2024 a pourtant inscrit dans le code civil que leur droit à l'image est protégé par leurs parents, ensemble, et avec eux. Voici ce que cela change, et les conseils publiés par la CNIL.

Ce que la loi de 2024 a changé

Avant 2024, le droit à l'image des mineurs reposait déjà sur l'article 9 du code civil et sur les règles de l'autorité parentale : publier la photo d'un enfant supposait l'accord de ses représentants légaux. La loi du 19 février 2024 visant à garantir le respect du droit à l'image des enfants a rendu ces principes plus explicites, en visant cette fois les parents eux-mêmes.

Service Public résume ces obligations dans une fiche dédiée : les parents doivent notamment veiller à la diffusion de photos ou de vidéos de leur enfant sur internet et en particulier sur les réseaux sociaux.

Au mariage : les enfants d'honneur et les petits invités

Lors d'un mariage, les enfants d'honneur sont souvent au centre des images : cortège, échange des alliances, jeux pendant le vin d'honneur. Les mariés et leurs invités photographient volontiers ces moments. Avant de publier, deux règles s'appliquent :

  1. L'accord des parents de l'enfant, et non celui des mariés. Pour une diffusion au-delà du cercle familial, l'accord des deux parents est la règle de prudence, la CNIL rappelant que la jurisprudence considère la publication de photos d'enfants comme un acte qui requiert l'accord des deux.
  2. L'avis de l'enfant lui-même, s'il est en âge de le donner. Un enfant de dix ans peut avoir un avis sur la photo de lui qui circulera.

Pour le photographe professionnel, la clause d'utilisation promotionnelle signée par les mariés ne couvre pas les enfants des invités. Beaucoup de couples choisissent d'exclure toutes les photos d'enfants de cette clause, ce qui simplifie la question. Les règles générales sont rappelées dans notre article sur le droit à l'image.

Les risques identifiés par la CNIL

Dans une page publiée en novembre 2025, la CNIL explique pourquoi elle déconseille fortement de partager des photos et vidéos d'enfants sur les réseaux sociaux, surtout depuis un profil public. Elle cite plusieurs risques :

La CNIL cite par ailleurs, d'après une étude de 2023 de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique, que 53 % des parents français ont déjà partagé du contenu sur leurs enfants sur les réseaux sociaux.

Partager autrement

La CNIL ne demande pas de cesser de photographier ses enfants, mais de choisir le canal. Ses conseils, adaptés à la vie de famille :

Pour la prise de vue elle-même, sans rien publier, voir aussi nos conseils pour photographier les enfants.

Si une photo d'enfant circule malgré vous

La CNIL indique la marche à suivre : demander d'abord à la plateforme l'effacement du contenu, en exerçant au nom de l'enfant son droit à l'effacement ; en l'absence de réponse ou en cas de refus, saisir la CNIL dans un délai d'un mois après la demande, en joignant les preuves des démarches. Si l'enfant est en danger, il faut prévenir la police ou la gendarmerie. Le 3018 est le numéro national contre le cyberharcèlement, et les contenus illicites peuvent être signalés sur la plateforme Pharos.

Sources