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Sauvegarder ses photos de famille : la règle 3-2-1 appliquée à la maison

Conserver & transmettre · Publié le 2026-10-27

Disque dur externe portable noir posé sur une surface claire, câble USB branché
Disque dur externe USB. Photographie d'Editor182, domaine public, Wikimedia Commons.

Les photos du mariage ont été livrées, celles des enfants s'accumulent sur les téléphones, et les tirages des grands-parents ont été numérisés. Tout cela tient sur quelques supports qui peuvent tomber en panne, être volés ou chiffrés par un logiciel malveillant. La règle « 3-2-1 », recommandée par la CNIL et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) pour les organisations, s'applique très bien à une famille. Voici comment.

La règle 3-2-1

Dans sa fiche « Sécurité : sauvegarder », la CNIL conseille d'appliquer la règle dite « 3-2-1 », qu'elle présente comme l'état de l'art : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une copie hors ligne. L'ANSSI formule la même recommandation dans son guide sur la sauvegarde des systèmes d'information. Ces textes s'adressent aux organisations, mais leur logique est universelle.

Traduite pour des photos de famille, la règle donne par exemple :

  1. Copie 1 : les fichiers sur l'ordinateur principal (ou le téléphone), là où on les consulte.
  2. Copie 2 : un disque dur externe, branché pour la sauvegarde puis débranché et rangé.
  3. Copie 3 : un service de stockage en ligne, ou un second disque conservé hors du domicile, chez un proche.

Les deux supports différents évitent qu'un même défaut emporte tout ; la copie hors ligne et la copie éloignée protègent contre les deux grands risques domestiques : le logiciel malveillant et le sinistre (incendie, dégât des eaux, cambriolage).

Pourquoi une copie hors ligne

La CNIL rappelle qu'il faut isoler au moins une sauvegarde hors ligne, déconnectée du réseau, et ne pas conserver les sauvegardes sur les mêmes systèmes que les données qu'elles protègent, car un rançongiciel pourrait atteindre les deux. Ce risque existe aussi pour les particuliers : un logiciel malveillant qui chiffre les fichiers de l'ordinateur chiffre également ceux du disque externe resté branché, et parfois ceux du dossier synchronisé dans le nuage. Un disque débranché et rangé dans un tiroir échappe à cette attaque.

Le site public d'assistance Cybermalveillance.gouv.fr recommande lui aussi, en prévention des rançongiciels, des sauvegardes régulières sur des supports déconnectés après usage.

Pourquoi une copie ailleurs

La CNIL conseille de stocker au moins une sauvegarde sur un site géographiquement distinct, et de ne pas conserver les sauvegardes au même endroit que les machines qui hébergent les données. Pour une famille, cela peut être un disque confié à un parent qui habite ailleurs et échangé à chaque visite, ou un service de stockage en ligne. Dans ce second cas, il est utile de vérifier où sont hébergées les données, ce que prévoient les conditions d'utilisation, et si le service propose un historique des versions qui permet de revenir en arrière après une suppression ou un chiffrement.

Tester la restauration

La CNIL insiste sur un point souvent négligé : tester régulièrement l'intégrité des sauvegardes et la capacité de les restaurer. Elle met en garde contre le fait de découvrir qu'une sauvegarde est inutilisable au moment où l'on en a besoin. À la maison, le test est simple : deux ou trois fois par an, ouvrir quelques photos au hasard depuis chaque copie, y compris les plus anciennes. Un disque qui ne monte plus, un dossier vide, un abonnement expiré se repèrent ainsi avant la catastrophe.

Le cas des photos de mariage

Les fichiers d'un reportage de mariage arrivent souvent par une galerie en ligne, accessible pour une durée limitée prévue au contrat (voir notre article sur le contrat du photographe). Dès la livraison :

Les photos prises par les invités, rassemblées dans un album partagé, méritent le même traitement : l'album en ligne n'est pas une sauvegarde, car il peut fermer.

Les supports et leur durée de vie

Aucun support numérique n'est éternel. Les disques durs, les disques SSD, les cartes mémoire et les disques optiques ont chacun leurs faiblesses, et leur durée de vie dépend de l'usage et des conditions de stockage. Plutôt que de chercher le support parfait, la bonne pratique consiste à recopier régulièrement ses photos sur des supports récents, par exemple tous les cinq ans ou à chaque changement d'ordinateur, et à vérifier qu'on peut toujours les lire. Les formats de fichiers comptent aussi : le JPEG est très largement lu, alors que certains formats RAW propriétaires pourraient devenir difficiles à ouvrir ; garder aussi une version JPEG des meilleures images est une précaution raisonnable.

Le téléphone, maillon faible

Pour beaucoup de familles, le téléphone est devenu l'appareil photo principal, et la synchronisation automatique avec un service en ligne tient lieu de sauvegarde. C'est une bonne première copie, mais ce n'est pas une sauvegarde complète : une suppression sur le téléphone peut se répercuter dans le nuage, un compte peut être bloqué ou fermé, un abonnement peut expirer. Une routine simple consiste à transférer régulièrement les photos du téléphone vers l'ordinateur familial, par exemple une fois par mois, puis à les intégrer au circuit des trois copies. C'est aussi le moment de faire un premier tri et de supprimer les doublons, pour ne pas sauvegarder indéfiniment des centaines d'images inutiles.

Le complément papier

Une sélection imprimée, un album, quelques tirages encadrés ne remplacent pas la sauvegarde numérique, mais ils la complètent : un tirage se lit sans logiciel ni appareil. C'est l'objet de notre article sur l'impression d'un album photo. Et pour retrouver ses images parmi des milliers de fichiers, il faut les avoir classées et nommées avec méthode.

Sources